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La vie et les obsèques nationales de Lazare Ponticelli, dernier poilu de la Première Guerre mondiale, nous inspirent deux remarques. L’une concerne la laïcité, l’autre l’identité nationale.
Alors que disparaît le dernier combattant français de la Première Guerre mondiale, la Nation témoigne sa reconnaissance envers ceux qui ont servi sous ses drapeaux en 1914-1918. La France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l'Histoire comme les poilus de la Grande guerre » Tel est le texte de la plaque apposée sous le dôme des Invalides, dévoilée le 17 mars par le président de la République. Décédé cinq jours plus tôt, Lazare Ponticelli, fut du 20 janvier (date du décès de Louis de Cazenave) à sa mort, ce dernier poilu vivant. A ce titre, il a eu des obsèques nationales, qui rendaient aussi hommage à tous les poilus.
La vie et les obsèques de Lazare Ponticelli nous inspirent deux remarques. L’une concerne la laïcité, l’autre l’identité nationale.
Bien que Lazare Ponticelli aie souhaité des funérailles simples et dignes, des obsèques nationales ne peuvent qu’être solennelles. Le déroulement de cet hommage a été fixé par une circulaire du ministère de l’Intérieur. Si les drapeaux mis en berne, la cérémonie civile aux Invalides et les rassemblements devant les monuments aux morts ne font pas problème, il en va autrement de l’office religieux célébré à la cathédrale Saint Louis des Invalides. En effet, si de nombreux combattants furent catholiques, beaucoup d’autres se reconnaissaient dans d’autres religions, protestants, juifs, musulmans… ou dans aucune religion, porteurs d’un athéisme déjà courant à l’époque. Du point de vue laïque, cette cérémonie n’aurait pu être justifiée, et légitime, que dans un cadre privé.
Incarnation du patriotisme français, Lazare Ponticelli fut d’abord un enfant chassé par la faim de son pays d’origine, l’Italie. Il fit la guerre d’abord dans la Légion étrangère, ensuite dans les chasseurs alpins italiens. Devenu citoyen français en 1939, il fut résistant, puis créateur avec ses frères d’une petite entreprise de ramonage qui deviendra une important société. Ce parcours fut rappelé et salué dans la totalité des médias. Son identification comme Français, sa naturalisation au sens propre du terme, sont effectivement incontestables. Mais comment ne pas s’étonner de la différence de considération avec les immigrés originaires de pays d’Afrique ou d’Asie, et surtout de leurs descendants ? Citoyens français à part entière, ceux-ci sont de façon quasi-quotidienne questionnés dans leur rapport avec l’identité française. A l’occasion de cet hommage national, saisissons ensemble l’opportunité d’une réflexion juste et rationnelle sur ce sujet décisif.
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